@NicoWebmaster

Showing 5 of 602 Results

Parution d’un rapport sur les Conseils de Prud’hommes

Les juridictions prud’homales fonctionnent mal et le temps de leur rĂ©forme a sonnĂ©.

C’est le constat que vient de faire un des plus hauts magistrats de France, Monsieur Alain LACABARATS, PrĂ©sident de la Chambre sociale de la Cour de cassation, dans un rapport intitulĂ© « L’avenir des juridictions du travail : vers un tribunal prud’homal du XXIĂšme siĂšcle », qu’il a remis Ă  la ministre de la justice le 16 juillet dernier.

Ce rapport, trĂšs documentĂ©, dĂ©bute par la phrase suivante : « le constat est unanime : la juridiction du travail, dans son mode d’organisation actuel, ne fonctionne pas dans des conditions conformes aux exigences des standards europĂ©ens et connait de graves carences ».

Les forfaits jours, sans cesse plus fragilisés

Les conventions de forfait en jours rĂ©partis sur l’annĂ©e, qui s’appliquent Ă  de nombreux salariĂ©s, sont passĂ©es au crible et leur annulation rĂ©guliĂšrement prononcĂ©e par le Juges. Ce mĂ©canisme neutralise certaines rĂšgles du Code du travail relatives Ă  la durĂ©e du travail, le dĂ©compte s’effectuant principalement en jours, et non plus en heures, dans la limite de 218 jours par an (article L 3121-44 du Code du travail). Il concerne essentiellement les cadres qui disposent d’une autonomie dans l’organisation de leur emploi du temps, mais Ă©galement les salariĂ©s non-cadres, dont la durĂ©e du temps de travail ne peut ĂȘtre prĂ©dĂ©terminĂ©e et qui disposent, eux aussi, « d’une rĂ©elle autonomie dans l’organisation de leur emploi du temps pour l’exercice des responsabilitĂ©s qui leur sont confiĂ©es » (article L 3121-43 du Code du travail).

N’est pas cadre dirigeant qui veut

« Seuls relĂšvent de la catĂ©gorie des cadres dirigeants ceux qui participent Ă  la direction de l’entreprise. »
Cette affirmation, qui paraĂźt rĂ©sonner avec la force de l’évidence, n’allait pourtant pas de soi, au point qu’il aura fallu que la Cour de cassation l’énonce Ă  nouveau haut et fort dans une rĂ©cente dĂ©cision Ă  valeur de principe (Cass. soc 2 juillet 2014 n° 12-19759).
Rappelons que la catégorie des cadres dirigeants a été introduite tardivement dans le Code du travail, par la loi n° 2000-37 du 19 janvier 2000.

Clause de mobilité, interprétation extensive du secteur géographique

On ne saurait trop exhorter les salariĂ©s Ă  lire trĂšs attentivement la formulation d’une clause de mobilitĂ© insĂ©rĂ©e dans leur contrat de travail, tant une rĂ©cente dĂ©cision de la Chambre sociale de la Cour de cassation rĂ©vĂšle une interprĂ©tation extensive du secteur gĂ©ographique dans lequel elle s’applique.

Rappelons que la validitĂ© d’une clause de mobilitĂ© est subordonnĂ©e Ă  la dĂ©finition prĂ©cise de sa zone gĂ©ographique d’application, et qu’en outre, elle ne peut confĂ©rer Ă  l’employeur le pouvoir d’en Ă©tendre unilatĂ©ralement la portĂ©e.

De sorte, par exemple, qu’une clause rĂ©digĂ©e ainsi : « pour des raisons touchant Ă  l’organisation et au bon fonctionnement de l’entreprise, nous pouvons ĂȘtre amenĂ©s Ă  modifier tout ou partie de votre secteur, ou vous confier tout autre secteur », a Ă©tĂ© jugĂ©e illicite (Cass. soc 19 sept. 2013 n° 11-28657).

L’indemnisation de la perte de chance

La Cour de cassation vient de consacrer la « perte de chance de conserver son emploi » en droit du travail, en confirmant l’indemnisation accordĂ©e Ă  ce titre Ă  des salariĂ©s qui en avaient Ă©tĂ© victimes.

La perte de chance est une notion inscrite dans le Code civil, dont l’article 1149 dispose que « les dommages et intĂ©rĂȘts dus au crĂ©ancier sont, en gĂ©nĂ©ral, de la perte qu’il a faite et du gain dont il a Ă©tĂ© privĂ©. »

On dĂ©finit habituellement « la perte de chance » comme une probabilitĂ© assez forte qu’un Ă©vĂšnement favorable ait Ă©tĂ© perdu, ce qui ouvre droit Ă  rĂ©paration du prĂ©judice qui en rĂ©sulte.