@NicoWebmaster

Showing 5 of 602 Results

Variations autour du reçu pour solde de tout compte

Le reçu pour solde de tout compte a Ă©tĂ© l’objet de nombreuses attentions au cours de ces derniĂšres annĂ©es, les modifications lĂ©gislatives succĂ©dant aux Ă©volutions jurisprudentielles.

En dernier lieu, c’est la loi n° 2008-596 du 25 juin 2008 qui en a fixĂ© le rĂ©gime applicable.
Avant d’évoquer le prĂ©sent, un bref retour en arriĂšre chronologique s’impose.
Conçu Ă  l’origine afin d’éteindre un contentieux qui se serait rĂ©vĂ©lĂ© tardivement aprĂšs la rupture du contrat de travail, le reçu pour solde de tout compte visait Ă  limiter l’action judiciaire des salariĂ©s, puisque sa contestation Ă©tait enfermĂ©e dans un dĂ©lai de deux mois.

Egalité de traitement entre salariés

L’entreprise constitue un lieu oĂč rĂšgne incontestablement une forme d’arbitraire, et oĂč l’injustice trouve un terreau propice Ă  se dĂ©velopper.

Le droit du travail a notamment vocation Ă  les combattre en fournissant les instruments juridiques permettant de parvenir Ă  cette fin.

Dans ce contexte, la jurisprudence a d’abord consacrĂ©, en 1996, le principe : « Ă  travail Ă©gal, salaire Ă©gal », faisant obligation Ă  l’employeur de payer le mĂȘme salaire aux salariĂ©s placĂ©s dans une situation identique (Cass. soc 29 oct. 1996 n° 92-43680), avant d’y ajouter plus rĂ©cemment, celui d’égalitĂ© de traitement entre salariĂ©s, sous l’impulsion de textes europĂ©ens (Cass. soc 10 juin 2008 n° 06-46000).

La mobilité du salarié

Il est tout d’abord admis qu’un salariĂ© puisse ĂȘtre mutĂ© au sein d’un autre Ă©tablissement de l’entreprise qui l’emploie, dĂ©s lors que cette mutation a lieu dans le mĂȘme secteur gĂ©ographique.

Le fait que le contrat de travail comporte, le cas Ă©chĂ©ant, l’indication du lieu d’affectation de l’intĂ©ressĂ© ne vaut qu’à titre d’information, et ne saurait valablement y faire obstacle.

La jurisprudence considĂšre en effet que cette mutation relĂšve du pouvoir de direction de l’employeur, auquel il appartient de fixer les conditions de travail du salariĂ©.

La Cour de cassation juge Ă  cet Ă©gard, avec une parfaite constance, que « la mention du lieu de travail dans le contrat de travail a valeur d’information, Ă  moins qu’il ne soit stipulĂ© par une clause claire et prĂ©cise que le salariĂ© exĂ©cutera son travail exclusivement dans ce lieu.
 Le changement de localisation intervenu dans le mĂȘme secteur gĂ©ographique constitue un simple changement des conditions de travail et non une modification du contrat » (Cass. soc 3 juin 2003 n° 01-40376).

Non-respect d’une clause de non-concurrence par un salariĂ©

Un salariĂ©, condamnĂ© Ă  payer Ă  son employeur une indemnitĂ© d’un montant trĂšs Ă©levĂ©, en rĂ©paration de la violation de la clause de non-concurrence insĂ©rĂ©e dans son contrat de travail, dont il s’était cru trop rapidement dĂ©liĂ©, mĂ©ditera avec profit cet aphorisme.
Ce salariĂ© avait Ă©tĂ© engagĂ© en qualitĂ© d’ingĂ©nieur commercial, et son contrat de travail comportait une clause de non-concurrence qui lui faisait interdiction de travailler pour une entreprise concurrente pendant une durĂ©e d’un an aprĂšs la rupture de son contrat.
Il avait dĂ©missionnĂ© le 7 septembre 2009 et s’était vu rappeler par son employeur le 17 septembre 2009 l’obligation de non-concurrence Ă  laquelle il tait tenu.

L’affaire Baby loup

Nouveau rebondissement dans l’affaire « Baby loup », qui n’en manquait pourtant pas jusqu’à prĂ©sent !
Nous allons tenter de résumer les subtilités juridiques que renferme ce litige.
On se souvient de cette affaire, trĂšs largement mĂ©diatisĂ©e, concernant une salariĂ©e, employĂ©e en qualitĂ© de directrice adjointe d’une crĂšche et halte-garderie gĂ©rĂ©e par l’association Baby-loup, Ă  chanteloup-les-Vignes, qui avait Ă©tĂ© licenciĂ©e pour faute grave, au motif, notamment, qu’elle avait contrevenu aux dispositions du rĂšglement intĂ©rieur de l’association, en portant un voile islamique qu’elle refusait d’îter.