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Clause de non-concurrence et intĂ©rĂȘts lĂ©gitimes de l’entreprise

La clause de non-concurrence ne doit pas faire obstacle au principe fondamental de libre exercice d’une activitĂ© professionnelle par le salariĂ© et ĂȘtre indispensable Ă  la protection des intĂ©rĂȘts lĂ©gitimes de l’entreprise. Lorsque ces deux derniĂšres exigences sont en confrontation, il appartient au juge, en prĂ©sence d’une clause de non-concurrence insĂ©rĂ©e dans un contrat de travail, mĂȘme indispensable Ă  la protection des intĂ©rĂȘts lĂ©gitimes de l’entreprise mais entravant la libertĂ© de travail du salariĂ© en l’empĂȘchant d’exercer une activitĂ© professionnelle conforme Ă  sa formation et Ă  son expĂ©rience professionnelle, d’en restreindre l’application en en limitant l’effet dans le temps, l’espace ou ses autres modalitĂ©s (Cass. Soc. 18 sept. 2002 n° 00-42904).

La preuve du caractĂšre rĂ©alisable des objectifs incombe Ă  l’employeur

Le contrat de travail d’un salariĂ© prĂ©voit qu’au titre de sa rĂ©munĂ©ration il bĂ©nĂ©ficiera d’un salaire fixe, auquel s’ajoutera une part variable dont le montant dĂ©pendra de l’atteinte des objectifs qui lui sont fixĂ©s par l’employeur. PrĂ©cisons d’emblĂ©e que la dĂ©termination des objectifs relĂšve du pouvoir de direction de l’employeur, de sorte qu’il n’a pas d’obligation de consulter le salariĂ© avant de les Ă©tablir et peut y procĂ©der de maniĂšre unilatĂ©rale (Cass. Soc. 22 mai 2001 n° 99-41970). La concertation est Ă©videmment prĂ©fĂ©rable et permet d’éviter une discussion houleuse lorsque le salariĂ© n’est pas parvenu Ă  atteindre les objectifs en raison de leur caractĂšre irrĂ©alisable.

Cadre dirigeant : jurisprudence récente

La qualification de cadre dirigeant relĂšve d’une dĂ©finition juridique prĂ©cise et la rĂ©fĂ©rence qui y est faite dans le contrat de travail, en considĂ©ration du poste occupĂ© par le salariĂ©, ne doit pas toujours faire illusion. Dit autrement, un niveau Ă©levĂ© dans la hiĂ©rarchie de l’entreprise n’est pas suffisant, en tant que tel, pour qu’un salariĂ© puisse ĂȘtre considĂ©rĂ© comme cadre dirigeant.

Le salarié malade, qui est licencié, a droit à une indemnité compensatrice de préavis

Toute autre est la situation d’un salariĂ© malade, la Chambre sociale de la Cour de cassation Ă©nonce en effet que lorsque « le licenciement, prononcĂ© pour absence prolongĂ©e dĂ©sorganisant l’entreprise et rendant nĂ©cessaire le remplacement dĂ©finitif de l’intĂ©ressĂ©, est dĂ©pourvu de cause rĂ©elle et sĂ©rieuse, le juge doit accorder au salariĂ©, qui le demande, l’indemnitĂ© de prĂ©avis et les congĂ©s payĂ©s affĂ©rents » (Cass. Soc. 17 nov. 2021 n° 20-14848). Il s’agit en outre d’une condamnation qui rappelle utilement Ă  l’employeur qu’il doit supporter les consĂ©quences pĂ©cuniaires d’un licenciement injustifiĂ©.

NullitĂ© de la rupture conventionnelle d’une salariĂ©e victime de harcĂšlement sexuel

la Cour de cassation a annulĂ© la rupture conventionnelle d’une salariĂ©e victime de harcĂšlement moral au motif « qu’Ă  la date de la signature de la convention de rupture conventionnelle, la salariĂ©e Ă©tait dans une situation de violence morale en raison du harcĂšlement moral et des troubles psychologiques qui en sont dĂ©coulĂ©s, caractĂ©risant un vice du consentement.