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L’affaire des « CONTI » sous son aspect juridique

La presse vient de se faire l’écho de la victoire des « Conti », ces 680 salariĂ©s qui avaient contestĂ© le bienfondĂ© de leur licenciement par le fabricant de pneus CONTINENTAL ont en effet obtenu gain de cause devant le Conseil de Prud’hommes de CompiĂšgne., qui a jugĂ© que ceux-ci Ă©taient injustifiĂ©s.
Il est cependant probable que leur combat judiciaire ne s’arrĂȘtera pas lĂ , tant il apparaĂźt vraisemblable que l’employeur fasse appel du jugement.

Le paiement des objectifs prévus au contrat de travail

S’il est un Ă©lĂ©ment du contrat de travail qui prĂ©sente un caractĂšre dĂ©terminant tant pour le salariĂ© que pour l’employeur, c’est bien la rĂ©munĂ©ration.

Il est courant que la rĂ©munĂ©ration du salariĂ© se compose d’une partie fixe, Ă  laquelle s’ajoute une part variable, dont le montant, prĂ©vu par avance, est fixĂ© en fonction de la rĂ©alisation d’objectifs Ă  atteindre.

Ce mode de rémunération incitatif connaßt un certain succÚs.

S’agissant d’un Ă©lĂ©ment contractuel, on en tire pour consĂ©quence que la rĂ©munĂ©ration d’un salariĂ© ne peut ĂȘtre modifiĂ©e ni dans son montant ni dans sa structure sans son accord (Cass. soc. 18 mai 2011 n° 09-69175).

Le contentieux s’est rapidement cristallisĂ© autour des modalitĂ©s de dĂ©termination des objectifs et de leur paiement par l’employeur.

Il importe tout d’abord de prĂ©ciser que le Code du travail (article L 1321-6) prĂ©voit que tout document comportant des obligations pour le salariĂ© ou des dispositions dont la connaissance est nĂ©cessaire pour l’exĂ©cution de son travail doit ĂȘtre rĂ©digĂ© en français.

Le remboursement des frais professionnels engagés par le salarié

A l’heure oĂč l’esprit vagabonde davantage vers les plages ensoleillĂ©es que vers l’écran de l’ordinateur, le temps est venu, moins prosaĂŻquement, d’effectuer un bref rappel du rĂ©gime applicable au remboursement des frais engagĂ©s par les salariĂ©s Ă  l’occasion de leur activitĂ© professionnelle, Ă  l’aune de la jurisprudence la plus rĂ©cente.

Nombreux sont ceux, en effet, dont la fonction requiert l’engagement de frais Ă  l’occasion de dĂ©placements, d’hĂ©bergement, de repas
 d’ordre professionnel.

Le Code du travail ne traite pas de ce sujet, et il est donc revenu à la pratique d’instaurer des rùgles, sous le contrîle du juge.

« Clause de respect de la clientÚle » et clause de non-concurrence

Il y a dĂ©sormais plus d’une dĂ©cennie que la Cour de cassation a provoquĂ© un vĂ©ritable sĂ©isme en matiĂšre de clause de non-concurrence.

Dans une dĂ©cision spectaculaire, elle avait alors Ă©noncĂ©, en une phrase trĂšs prĂ©cise, les conditions de validitĂ© d’une clause de licenciement (Cass. soc 10 juillet 2002 n° 00-45135).

« Une clause de non-concurrence n’est licite que si elle est indispensable Ă  la protection des intĂ©rĂȘts lĂ©gitimes de l’entreprise, limitĂ©e dans le temps et dans l’espace, qu’elle tient compte des spĂ©cificitĂ©s de l’emploi du salariĂ© et comporte l’obligation pour l’employeur de verser au salariĂ© une contrepartie financiĂšre, ces conditions Ă©tant cumulatives. »

RĂ©intĂ©gration d’une salariĂ©e aprĂšs un congĂ© parental d’éducation

Le congĂ© parental d’éducation est un congĂ© ouvert Ă  tout salariĂ©, pĂšre ou mĂšre, ayant au moins un an d’anciennetĂ© dans l’entreprise, destinĂ© Ă  lui permettre de s’occuper de son enfant jusqu’à ce que celui-ci ait atteint au plus tard l’ñge de trois ans.

Pendant cette durée, son contrat de travail est suspendu et son ancienneté est prise en compte pour la moitié de la durée du congé.

La loi prĂ©voit qu’à l’issue du congĂ© parental d’éducation, le salariĂ© retrouve son prĂ©cĂ©dent emploi ou un emploi similaire assorti d’une rĂ©munĂ©ration au moins Ă©quivalente (article L 1225-55 du Code du travail).