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La libertĂ© d’expression individuelle et collective des salariĂ©s dans l’entreprise

La libertĂ© d’expression connaĂźt incontestablement des limites dans l’entreprise oĂč elle est encore loin de s’exercer dans sa plĂ©nitude, ainsi que viennent douloureusement de le rappeler de rĂ©centes dĂ©cisions relatives Ă  l’exercice individuel et collectif de ce droit par des salariĂ©s. La libertĂ© d’expression individuelle du salariĂ© La libertĂ© d’expression est protĂ©gĂ©e par les normes juridiques les plus Ă©levĂ©es en droit interne et international (Constitution, dĂ©claration des droits de l’Homme, Convention EuropĂ©enne de Sauvegarde des Droits de l’Homme, Charte des Droits fondamentaux
), ce qui lui assure en principe un degrĂ© Ă©levĂ© de protection.

HarcĂšlement managĂ©rial et responsabilitĂ© de l’employeur

L’affaire FRANCE TELECOM a pour la premiĂšre fois mis en lumiĂšre, de maniĂšre publique, l’existence d’un vĂ©ritable plan d’entreprise destinĂ© au dĂ©part d’un nombre trĂšs important de salariĂ©s (22 000 sur 3 ans), dont la mise en Ɠuvre s’est notamment accomplie par le harcĂšlement moral et la souffrance au travail d’une multitude d’entre eux, avec les consĂ©quences dramatiques que l’on connaĂźt. Ce harcĂšlement moral institutionnel, comme l’a qualifiĂ© le Tribunal correctionnel dans sa dĂ©cision du 20 dĂ©cembre 2019 (la Cour d’appel doit rendre son dĂ©libĂ©rĂ© le 30 septembre prochain), est parfaitement illĂ©gal et a entrainĂ© la condamnation pĂ©nale du PDG, du DG et du DRH de l’entreprise, qui Ă©taient les initiateurs de cette politique de « dĂ©flation massive des effectifs Ă  marche forcĂ©e ».

Les salariés vont-ils devoir travailler plus ?

Dans la torpeur de l’étĂ©, le gouvernement a ressorti de vieilles lunes dans le but d’espĂ©rer redonner du pouvoir d’achat aux salariĂ©s ; il leur suffira de travailler plus pour gagner plus, en bĂ©nĂ©ficiant de la dĂ©fiscalisation des heures supplĂ©mentaires qu’ils auront accomplies ou de celle des jours de RTT auxquels ils auront renoncĂ© et qu’ils auront travaillĂ©s
 voilĂ  qui nous rappelle de lointains souvenirs !

TĂ©lĂ©travail et prise en charge des frais de transport par l’employeur

La crise sanitaire a durablement modifiĂ© la maniĂšre de penser la relation au travail de certains salariĂ©s, agissant comme un rĂ©vĂ©lateur. Le tĂ©lĂ©travail a notamment alimentĂ© cette rĂ©flexion en encourageant un mouvement d’exode des grandes mĂ©tropoles vers les villes moyennes offrant une meilleure qualitĂ© de vie et des loyers moins Ă©levĂ©s. Pour ceux rĂ©sidant dans une grande ville, Ă  l’étroit dans un logement cher payĂ©, le tĂ©lĂ©travail a fourni l’occasion de ce changement d’existence, s’accompagnant d’un Ă©loignement du siĂšge de l’entreprise, lieu de travail initial.

Transfert d’une activitĂ© de l’entreprise vers une autre et sort du contrat de travail

La vie des affaires connaĂźt des pĂ©ripĂ©ties dont les salariĂ©s ont souvent Ă  subir les consĂ©quences. C’est notamment le cas lorsque l’entreprise pour laquelle ils travaillent est, en tout ou partie, cĂ©dĂ©e, rachetĂ©e par un concurrent, fusionne avec une autre, perd un marchĂ© important
 Cette situation, qui peut placer les salariĂ©s concernĂ©s dans une situation de fragilitĂ© est envisagĂ©e par le Code du travail, dont un article rĂšgle leur sort de maniĂšre protectrice