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Comportement insultant ou offensant, y compris envers un salariĂ© d’une entreprise tierce = licenciement pour faute grave

Le comportement injurieux, tout comme l’attitude harcelante, d’un salariĂ© Ă  l’égard d’un salariĂ© d’une entreprise tierce (cliente, partenaire ou fournisseur), est-il rĂ©prĂ©hensible ou doit-on considĂ©rer que le pouvoir disciplinaire de l’employeur s’arrĂȘte aux portes de l’entreprise ? On sait que la tenue de propos injurieux, agressifs et/ou offensants Ă  l’égard d’un salariĂ© de l’entreprise caractĂ©rise un motif de licenciement pour faute grave, y compris s’il s’agit d’un Ă©vĂšnement qui ne s’est produit qu’une seule fois.

HarcĂšlement moral : le Juge doit examiner l’ensemble des Ă©lĂ©ments invoquĂ©s par le salariĂ©

Le harcĂšlement moral est une notion juridique qui se heurte rĂ©guliĂšrement Ă  la rĂ©sistance des Juges du fond, comme l’illustre encore une rĂ©cente dĂ©cision. L’arsenal lĂ©gislatif et la jurisprudence de la Cour de cassation ont pourtant permis l’instauration d’un dispositif protecteur des salariĂ©s qui en sont victimes. Ainsi, au titre de l’obligation de sĂ©curitĂ©, l’employeur est tenu d’assurer la sĂ©curitĂ© et de protĂ©ger la santĂ© mentale des salariĂ©s.

Les critĂšres d’ordre de licenciement en matiĂšre de licenciement Ă©conomique

Le licenciement pour motif Ă©conomique, individuel ou collectif, qui s’accompagne de suppressions de poste, impose Ă  l’employeur d’établir des critĂšres pour fixer un ordre des licenciements parmi les salariĂ©s susceptibles d’ĂȘtre concernĂ©s. L’énonciation de critĂšres d’ordre permet en principe de soustraire les salariĂ©s au pouvoir discrĂ©tionnaire de l’employeur en faisant en sorte que son choix soit guidĂ© par des considĂ©rations objectives. HĂ©las, dans un mouvement primaire assez habituel, lorsque l’employeur est amenĂ© Ă  supprimer des postes dans l’entreprise et qu’il doit choisir entre plusieurs salariĂ©s, le constat maintes fois dressĂ© rĂ©vĂšle que son attention se portera en premier lieu sur les salariĂ©s les mieux payĂ©s, les plus ĂągĂ©s, puis vers ceux dont il est le moins satisfait
. qu’il voudra prioritairement licencier.

ValiditĂ© d’un rapport interne comme preuve de harcĂšlement

La protection de la santĂ© et de la sĂ©curitĂ© des salariĂ©s constitue une obligation dĂ©terminante de l’employeur, qui lui impose en premier lieu d’agir Ă  titre prĂ©ventif pour limiter les risques professionnels dans l’entreprise.

Le Code du travail pose Ă  ce titre que l’employeur prend toutes dispositions nĂ©cessaires en vue de prĂ©venir les agissements de harcĂšlement moral et sexuel, d’y mettre un terme et de les sanctionner (articles L 1152-4 et L 1153-5). Cette exigence peine parfois se concrĂ©tiser et il n’est malheureusement pas exceptionnel, les vicissitudes de l’entreprise Ă©tant ce qu’elles sont, qu’un salariĂ© ait Ă  subir des faits de harcĂšlement moral ou sexuel de la part d’un responsable hiĂ©rarchique ou d’un collĂšgue de travail.

La violation de la libertĂ© d’expression suffit Ă  voir juger nul le licenciement, sans avoir Ă  examiner les autres motifs

La libertĂ© d’expression se paie chĂšrement pour les salariĂ©s qui osent porter Ă  la connaissance de l’employeur sans fard et en termes directs les graves dysfonctionnements qu’ils ont relevĂ©s dans l’exercice de leurs fonctions. Elle est alors perçue comme une opposition inadmissible Ă  l’omnipotence de l’employeur et l’impudent risque d’ĂȘtre sanctionnĂ© par un licenciement, pour faute grave, qui se traduit par un dĂ©part immĂ©diat de l’entreprise, sans prĂ©avis ni indemnitĂ© de licenciement. La libertĂ© d’expression constitue pourtant une libertĂ© fondamentale, consacrĂ©e par les plus hautes normes juridiques nationales et internationales (article 11 de la Constitution, article 10 de la CEDH
) et considĂ©rĂ©e comme l’un des fondements de la sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique.