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Licenciement pour insuffisance professionnelle et obligations prĂ©alables de l’employeur

Le licenciement pour insuffisance professionnelle est un motif frĂ©quemment invoquĂ© par l’employeur qui licencie un salariĂ© pour motif personnel. L’insuffisance professionnelle est habituellement dĂ©finie comme une incapacitĂ© objective et durable d’un salariĂ© d’exĂ©cuter de façon satisfaisante un emploi correspondant Ă  sa qualification. Il en rĂ©sulte que l’employeur n’est pas exempt de responsabilitĂ© dans la dĂ©faillance du salariĂ© lorsqu’il n’a pas rempli une double obligation Ă  son Ă©gard. 1) D’une part, l’employeur a l’obligation de former le salariĂ© Ă  l’emploi qu’il lui confie et s’assurer de l’adaptation de l’intĂ©ressĂ© Ă  l’évolution de son emploi, conformĂ©ment aux exigences du Code du travail (article L 6321-1).

L’employeur doit fournir du travail au salariĂ©, et le rĂ©munĂ©rer

La fourniture de travail par l’employeur au salariĂ© constitue une obligation dĂ©terminante du contrat de travail. Cette affirmation, qui peut sembler relever de l’évidence, ne l’est pourtant pas pour certains employeurs. Le contrat de travail Ă  durĂ©e indĂ©terminĂ©e s’inscrit normalement dans le temps long et impose aux parties une exĂ©cution de bonne foi. Or, il arrive qu’un salariĂ© soit brusquement privĂ© de travail ou Ă©vincĂ© du jour au lendemain, sans crier gare.

BarÚme Macron : la Cour de cassation met malheureusement fin aux doutes sur sa validité

On ne signale pas assez les ravages provoquĂ©s par le barĂšme Macron sur les salariĂ©s licenciĂ©s et la renonciation qu’il a provoquĂ©e parmi ceux ayant une faible anciennetĂ© (pour la plupart, infĂ©rieure Ă  deux, voire trois ans). Pour qui l’ignorerait encore, ce barĂšme instaurĂ© en septembre 2017, fixe un montant maximum accordĂ© au salariĂ© dont le licenciement est jugĂ© injustifiĂ© en fonction de son anciennetĂ© dans l’entreprise. Ce montant est notamment de 3,5 mois de salaire brut pour les salariĂ©s ayant 2 ans d’anciennetĂ© et de 4 mois maximum pour ceux comptant 3 ans d’ancienneté ; il est plafonnĂ© en toute hypothĂšse Ă  20 mois de salaire pour les salariĂ©s ayant 29 ans d’anciennetĂ© et plus (article L 1235-3 du code du travail).

J’ai quittĂ© l’entreprise et l’employeur ne me paie pas la clause de non-concurrence

Il n’est pas si rare qu’un employeur nĂ©glige ou omette l’existence d’une clause de non-concurrence aprĂšs qu’un salariĂ© ait quittĂ© l’entreprise. Rappelons Ă  cet Ă©gard qu’en cas de rupture unilatĂ©rale du contrat de travail (licenciement, dĂ©mission, prise d’acte
) la date d’exigibilitĂ© de la contrepartie financiĂšre de la clause de non-concurrence et la date Ă  compter de laquelle doit ĂȘtre dĂ©terminĂ©e la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence pour le calcul de l’indemnitĂ© de non-concurrence sont celles du dĂ©part effectif du salariĂ© de l’entreprise.

Il appartient Ă  l’employeur de prouver qu’il a effectivement payĂ© le salaire

La Chambre sociale de la Cour de cassation juge que l’obligation de payer le salaire dĂ» au salariĂ© incombe Ă  l’employeur, et il lui appartient d’Ă©tablir qu’il a exĂ©cutĂ© son obligation (Cass. Soc. 6 avril 1999 n° 96-44981). Il s’en dĂ©duit notamment que la seule mention d’un rĂšglement en espĂšces, ou par virement, sur les bulletins de salaire ne saurait permettre Ă  l’employeur de se libĂ©rer de son obligation.