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Distinction entre licenciement pour motif disciplinaire et insuffisance professionnelle

Quand un salariĂ© reçoit une lettre de licenciement, la premiĂšre interrogation porte sur le motif Ă©noncĂ© par l’employeur. Le licenciement pour motif personnel est habituellement fondĂ© soit sur un motif disciplinaire, soit sur une insuffisance professionnelle, qui en caractĂ©risent les deux principales catĂ©gories. Pour faire court, le licenciement pour motif disciplinaire est celui qui repose sur un comportement fautif du salariĂ©, et donne lieu selon le degrĂ© de la faute invoquĂ©e par l’employeur Ă  un licenciement pour « faute sĂ©rieuse », faute grave ou faute lourde.

Une exception Ă  l’obligation pour l’employeur d’agir dans un dĂ©lai restreint en cas de faute grave

La faute grave est dĂ©finie par la jurisprudence comme un fait, ou un ensemble de faits, imputable au salariĂ© prĂ©sentant un tel degrĂ© de gravitĂ© qu’il rend impossible son maintien dans l’entreprise, justifiant son Ă©viction sans prĂ©avis (Cass. Soc., 27 septembre 2007 n° 06-43867). Les illustrations les plus frĂ©quentes sont : l’insubordination, les absences injustifiĂ©es, une altercation entre salariĂ©s, des insultes, un manquement Ă  l’obligation de sĂ©curité  On observe cependant que de nombreux employeurs ne s’embarrassent pas de ces considĂ©rations ont recours Ă  la faute grave, bien que les faits ne le justifient pas, Ă  seule fin de congĂ©dier le salariĂ© trĂšs rapidement et en le privant des indemnitĂ©s auxquelles il aurait dĂ» avoir droit.

Non-respect du forfait jours et manquement de l’employeur Ă  l’obligation de sĂ©curitĂ©

Pour la premiĂšre fois Ă  notre connaissance, la Chambre sociale de la Cour de cassation considĂšre que le non-respect par l’employeur des exigences relatives au forfait jours caractĂ©rise une violation de l’obligation de sĂ©curitĂ©. Cette articulation procĂšde du constat que la mĂ©connaissance du forfait jours, en raison d’une durĂ©e de travail excessive du salariĂ©, est Ă©videmment susceptible d’avoir des consĂ©quences sur son Ă©tat de santĂ©.

LibertĂ© d’expression : le licenciement du salariĂ© n’en ayant pas abusĂ© est nul

Si la libertĂ© d’expression est la rĂšgle dans l’entreprise, dans les faits celle-ci est loin d’ĂȘtre absolue. L’expĂ©rience montre en effet que lorsqu’un salariĂ© s’exprime trop librement et qu’il se heurte frontalement Ă  l’employeur, celui-ci y rĂ©pond frĂ©quemment en faisant usage de son pouvoir disciplinaire pour sanctionner l’intĂ©ressĂ©, dont les jours dans l’entreprise sont dĂšs lors comptĂ©s. L’expression d’une opposition Ă  l’employeur, qui ne s’accommode guĂšre d’une rĂ©sistance Ă  son pouvoir de direction, le conduit habituellement Ă  procĂ©der au licenciement du gĂȘneur, parfois des mois plus tard et pour un motif Ă©tranger Ă  ce qu’il lui reproche rĂ©ellement.

Dépassement des durées maximales de travail, la nécessaire indemnisation

Le dĂ©passement de la durĂ©e maximale de travail hebdomadaire ouvre droit Ă  une indemnisation, sans que le salariĂ© ait Ă  dĂ©montrer l’existence de son prĂ©judice, celui-ci rĂ©sultant nĂ©cessairement de cette surcharge de son temps de travail. Cette nouvelle dĂ©cision de la chambre sociale de la Cour de cassation est la bienvenue dans un contexte oĂč l’exigence de la dĂ©monstration d’un prĂ©judice a tendance Ă  devenir le maitre mot des juridictions prud’homales. Le Code du travail prĂ©cise les durĂ©es de travail quotidienne et hebdomadaire admissibles.