Preuve

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Enregistrement Ă  l’insu de l’employeur : dĂ©cision de la Cour d’appel de Paris l’acceptant

Il est souvent difficile pour un salariĂ© malmenĂ© par son employeur et/ou victime de discrimination d’en rapporter la preuve. L’égalitĂ© des armes constitue dans l’entreprise une illusion, le salariĂ© Ă©tant habituellement fort dĂ©muni pour Ă©tablir les malversations dont il est victime. A de rares exception prĂšs, l’employeur se montrera d’une prudence de sioux et fera en sorte de ne laisser aucune trace Ă©crite de ses agissements, en particulier aucun mail.

Mode de preuve illicite, pas de licenciement pour faute grave

Le recours par l’employeur Ă  un mode de preuve illicite lui interdit de se prĂ©valoir de la reconnaissance par le salariĂ© des faits fautifs qui lui sont reprochĂ©s, il s’agissait en l’occurrence d’un vol, pour le licencier. Si la solution n’est pas inĂ©dite, les circonstances particuliĂšres de cette affaire mĂ©ritent que l’on s’y arrĂȘte. L’employeur, qui exploitait un cafĂ© restaurant, avait licenciĂ© une salariĂ©e pour faute grave, au motif qu’il aurait dĂ©couvert qu’elle avait dĂ©tournĂ© de l’argent en empochant le prix de consommations qu’elle n’avait pas enregistrĂ© en caisse, et qu’elle avait servi gratuitement des consommations Ă  des clients sans y avoir Ă©tĂ© prĂ©alablement autorisĂ©e par son employeur.

ValiditĂ© d’un mail comme mode de preuve en matiĂšre prud’homale

Un mail peut-il valablement constituer un moyen de preuve dans le cadre d’un litige prud’homal ? Les courriers Ă©lectroniques Ă©tant trĂšs frĂ©quemment utilisĂ©s en la matiĂšre, on portera une attention particuliĂšre Ă  la rĂ©ponse qu’y a une nouvelle fois apportĂ©e la Cour de cassation. Il convient tout d’abord de prĂ©ciser que le Code civil, qui rĂ©git le droit commun, prĂ©voit que la preuve d’un Ă©crit Ă©lectronique obĂ©it Ă  des conditions prĂ©cises. La validitĂ© d’un Ă©crit Ă©lectronique implique en effet la nĂ©cessitĂ© d’identifier la personne dont il Ă©mane, et qu’il soit Ă©tabli et conservĂ© dans des conditions de nature Ă  en garantir l’intĂ©gritĂ© (article 1316-1 du Code civil).

Preuve du temps de travail, Ă  qui incombe-t-elle ?

a Cour de cassation a rendu un arrĂȘt de principe, en Ă©cartant pour la premiĂšre fois la rĂšgle prĂ©citĂ©e et en jugeant que dans les domaines oĂč les seuils et plafonds sont prĂ©vus par le droit de l’Union EuropĂ©enne, c’est Ă  l’employeur, et Ă  lui seul, qu’incombe la charge de la preuve (Cass. soc 17 octobre 2012 n° 10-17370).

Modes de preuve en matiere prud’homale : SMS et messages vocaux sont recevables

En matiĂšre prud’homale, la preuve est libre et le Juge en apprĂ©cie librement la valeur et la portĂ©e (Cass. soc 27 mars 2001 n° 98-44666). Pour autant, l’employeur peut-il utiliser tout mode de preuve, y compris une filature ou le recours Ă  un stratagĂšme, pour sanctionner un salarié ? Depuis plus de vingt ans, la jurisprudence apporte une rĂ©ponse jamais dĂ©mentie : l’employeur a le droit de contrĂŽler et de surveiller l’activitĂ© de ses salariĂ©s pendant le temps du travail, mais tout enregistrement, quels qu’en soient les motifs, d’images ou de paroles Ă  l’insu des salariĂ©s constitue un mode de preuve illicite (arrĂȘt NĂ©ocel, 20 nov. 1991, n° 88-43120).