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Non-respect du forfait jours et manquement de l’employeur Ă  l’obligation de sĂ©curitĂ©

Pour la premiĂšre fois Ă  notre connaissance, la Chambre sociale de la Cour de cassation considĂšre que le non-respect par l’employeur des exigences relatives au forfait jours caractĂ©rise une violation de l’obligation de sĂ©curitĂ©. Cette articulation procĂšde du constat que la mĂ©connaissance du forfait jours, en raison d’une durĂ©e de travail excessive du salariĂ©, est Ă©videmment susceptible d’avoir des consĂ©quences sur son Ă©tat de santĂ©.

LibertĂ© d’expression : le licenciement du salariĂ© n’en ayant pas abusĂ© est nul

Si la libertĂ© d’expression est la rĂšgle dans l’entreprise, dans les faits celle-ci est loin d’ĂȘtre absolue. L’expĂ©rience montre en effet que lorsqu’un salariĂ© s’exprime trop librement et qu’il se heurte frontalement Ă  l’employeur, celui-ci y rĂ©pond frĂ©quemment en faisant usage de son pouvoir disciplinaire pour sanctionner l’intĂ©ressĂ©, dont les jours dans l’entreprise sont dĂšs lors comptĂ©s. L’expression d’une opposition Ă  l’employeur, qui ne s’accommode guĂšre d’une rĂ©sistance Ă  son pouvoir de direction, le conduit habituellement Ă  procĂ©der au licenciement du gĂȘneur, parfois des mois plus tard et pour un motif Ă©tranger Ă  ce qu’il lui reproche rĂ©ellement.

Dépassement des durées maximales de travail, la nécessaire indemnisation

Le dĂ©passement de la durĂ©e maximale de travail hebdomadaire ouvre droit Ă  une indemnisation, sans que le salariĂ© ait Ă  dĂ©montrer l’existence de son prĂ©judice, celui-ci rĂ©sultant nĂ©cessairement de cette surcharge de son temps de travail. Cette nouvelle dĂ©cision de la chambre sociale de la Cour de cassation est la bienvenue dans un contexte oĂč l’exigence de la dĂ©monstration d’un prĂ©judice a tendance Ă  devenir le maitre mot des juridictions prud’homales. Le Code du travail prĂ©cise les durĂ©es de travail quotidienne et hebdomadaire admissibles.

Avis d’inaptitude, l’employeur doit exĂ©cuter loyalement son obligation de reclassement

La dĂ©gradation des conditions de travail d’un salariĂ©, en raison des agissements de l’employeur peut, au mĂȘme titre qu’un accident du travail ou une maladie professionnelle, le placer dans l’incapacitĂ© de reprendre son poste aprĂšs une pĂ©riode d’arrĂȘt de travail, et conduire le mĂ©decin du travail Ă  rendre un avis d’inaptitude dĂ©finitif Ă  son poste. L’employeur est alors obligĂ©, en suite de cet avis, de procĂ©der Ă  une recherche de reclassement dans l’entreprise, et si elle appartient Ă  un groupe, dans les entreprises du groupe situĂ©es en France, afin d’attribuer au salariĂ© un autre poste.

Clause non-concurrence, date d’effet et/ou date de renonciation par l’employeur

La clause de non-concurrence suscite une attention particuliĂšre lorsque le contrat de travail est rompu. Soit, parce que le salariĂ© envisage de travailler dans une entreprise concurrente et espĂšre en consĂ©quence que l’employeur le libĂ©rera de l’obligation de non-concurrence. Inversement, s’il exerce son nouvel emploi dans un secteur d’activitĂ© distinct, le salariĂ© peut avoir avantage Ă  ce que l’employeur applique la clause de non-concurrence et qu’il lui paie la contrepartie financiĂšre qui y est attachĂ©e. Il est habituel que le contrat de travail accorde Ă  l’employeur un dĂ©lai prĂ©cis pour dĂ©lier le salariĂ© de son obligation de non-concurrence.