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Quid si l’employeur n’informe pas le salariĂ© qu’il peut demander des prĂ©cisions sur le motif de licenciement ?

Il est une rĂšgle intangible en droit du travail qui exige que le licenciement d’un salariĂ© repose sur un motif, lequel doit ĂȘtre Ă©noncĂ© dans la lettre de licenciement (article L 1232-6 du Code du travail). A cette exigence lĂ©gale, la jurisprudence en a ajoutĂ© une autre qui la complĂšte : le motif invoquĂ© par l’employeur doit ĂȘtre prĂ©cis, de sorte que la lettre de rupture comporte un exposĂ© aussi dĂ©taillĂ© que possible des raisons justifiant le licenciement du salarié ; qu’il procĂšde d’un licenciement pour motif personnel ou pour motif Ă©conomique. Cette obligation est en outre Ă  combiner avec le fait que lorsque le salariĂ© saisit la juridiction prud’homale de la contestation de son licenciement, la lettre de licenciement fixe les limites du litige, le Juge n’est donc tenu d’examiner que les seuls motifs qui y figurent.

Rupture anticipĂ©e du CDD pour faute grave de l’employeur. Attention Ă  la rĂ©siliation judiciaire !

L’orthodoxie juridique aboutit parfois Ă  des solutions incomprĂ©hensibles pour les profanes, qui peuvent Ă©galement laisser les juristes perplexes
 La Chambre sociale de la Cour de cassation vient de nous en donner un exemple Ă  l’occasion d’une demande de rĂ©siliation judiciaire de son contrat Ă  durĂ©e dĂ©terminĂ©e (CDD) formĂ©e par un salariĂ© reprochant de graves manquements Ă  son employeur, consistant en l’occurrence Ă  l’avoir agressĂ© physiquement.

Un professionnel de santĂ© licenciĂ© pour faute grave ne peut objecter Ă  l’employeur sa violation du secret professionnel

Un salarié professionnel de santé, licencié pour faute grave, peut-il opposer à son employeur la violation du secret professionnel que celui-ci aurait commise pour voir juger son licenciement injustifié ? Telle est la question assez inédite, mais dont la réponse peut avoir une résonnance particuliÚre dans le contexte actuel, à laquelle la Chambre sociale de la Cour de cassation vient de répondre.

Inaptitude, pas de consultation du CSE en cas de mention expresse d’obstacle Ă  tout reclassement

La Cour de cassation Ă©nonce que lorsque le mĂ©decin du travail a mentionnĂ© expressĂ©ment dans son avis que tout maintien du salariĂ© dans l’emploi serait gravement prĂ©judiciable Ă  sa santĂ© ou que l’Ă©tat de santĂ© du salariĂ© fait obstacle Ă  tout reclassement dans l’emploi, l’employeur, qui n’est pas tenu de rechercher un reclassement, n’a pas l’obligation de consulter les dĂ©lĂ©guĂ©s du personne

Licenciement Ă©conomique : date d’apprĂ©ciation des difficultĂ©s Ă©conomiques

La loi travail du 8 aoĂ»t 2016 a modifiĂ© la dĂ©finition du licenciement pour motif Ă©conomique en prĂ©cisant notamment les critĂšres d’apprĂ©ciation des difficultĂ©s Ă©conomiques qui doivent ĂȘtre retenus pour qu’un tel motif de licenciement soit caractĂ©risĂ©, ainsi que la durĂ©e pendant laquelle ces difficultĂ©s Ă©conomiques doivent exister, des difficultĂ©s passagĂšres Ă©tant exclues. Concernant le pĂ©rimĂštre concernĂ©, les difficultĂ©s Ă©conomiques s’apprĂ©cient au niveau de l’entreprise, si elle n’appartient pas Ă  un groupe ; ou si elle fait partie d’un groupe, au niveau du secteur du groupe auquel appartient l’entreprise, Ă©tant prĂ©cisĂ© qu’à l’exception d’une fraude, le pĂ©rimĂštre se limite Ă  la France, ce qui constitue une restriction notable de la jurisprudence antĂ©rieure qui apprĂ©hendait la situation internationale du groupe.