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Un licenciement est toujours soumis Ă  l’apprĂ©ciation du juge

En matiÚre de licenciement, il existe un ensemble de rÚgles déterminées par le Code du travail et par la jurisprudence de la Chambre sociale de la Cour de cassation, qui constitue un socle intangible.
La clĂ© de voĂ»te en est Ă©noncĂ©e par le Code du travail : tout licenciement, pour motif personnel ou pour motif Ă©conomique, doit reposer sur une cause rĂ©elle et sĂ©rieuse (article l’article L 1232-1 et L 1233-2), et ĂȘtre ainsi soustrait Ă  l’arbitraire de l’employeur.
En clair, la lettre de licenciement doit énoncer un motif qui constitue une cause juridique de rupture du contrat de travail (insuffisance professionnelle, insubordination, difficultés économiques
., entre autres exemples)
On considÚre en outre un motif réel comme un fait objectif, dont la matérialité est établie.

Incidence de la diminution des responsabilités sur le contrat de travail

Si l’employeur peut, sauf abus, librement modifier les conditions de travail d’un salariĂ©, il n’en va pas de mĂȘme d’une modification du contrat de travail, dont la validitĂ© requiert en outre l’accord du salariĂ©.
La distinction entre modification des conditions de travail et modification du contrat de travail emporte donc des conséquences juridiques importantes.
Ainsi, lorsque l’employeur modifie les conditions de travail du salariĂ©, celui-ci n’est pas fondĂ© Ă  s’y opposer et doit s’y soumettre, sous peine d’encourir une sanction.
La Cour de cassation juge en effet avec une parfaite rĂ©gularitĂ© que le refus par un salariĂ© d’un changement de ses conditions de travail caractĂ©rise un manquement Ă  ses obligations contractuelles, pouvant justifier son licenciement.

Journée faste pour la rupture conventionnelle

La Cour de cassation vient Ă  nouveau de dĂ©montrer, s’il en Ă©tait encore besoin, par quatre dĂ©cisions rendues le 29 janvier 2014, l’interprĂ©tation trĂšs souple qu’elle accorde aux conditions de validitĂ© de la rupture conventionnelle.

Rappelons-nous que ce mode de rupture du contrat de travail, appelĂ© de leurs vƓux par les employeurs qui y trouvaient un moyen simple leur Ă©vitant l’énonciation d’un motif et l’application d’une procĂ©dure trĂšs encadrĂ©e, a trouvĂ© un Ă©cho favorable auprĂšs de la Haute Cour.

Alors que des divergences existaient entre plusieurs Cours d’appel sur le point de savoir si l’existence d’un litige entre les parties faisait obstacle Ă  la conclusion d’une rupture conventionnelle, la Cour de cassation avait Ă©noncĂ© pour la premiĂšre fois que « l’existence, au moment de sa conclusion, d’un diffĂ©rend entre les parties au contrat de travail n’affecte pas par elle-mĂȘme la validitĂ© de la convention de rupture » (Cass. soc 23 mai 2013 n° 12-13865).

Obligation de déclarer les traitements automatisés contenant des données à caractÚre personnel

La loi informatique et libertĂ©s (loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, modifiĂ©e) n’est pas sans consĂ©quence en droit du travail, elle peut notamment s’avĂ©rer d’une grande utilitĂ© en matiĂšre de protection des droits des salariĂ©s.

Cette loi comporte en effet un article 22-I, qui prĂ©voit que les traitements automatisĂ©s de donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel font l’objet d’une dĂ©claration auprĂšs de la Commission Nationale de l’informatique et des LibertĂ©s (CNIL).

Inaptitude faisant suite Ă  un harcĂšlement moral

Des conditions de travail Ă©prouvantes ou des agissements de l’employeur peuvent avoir raison de la santĂ© du salariĂ© et aboutir en dĂ©finitive Ă  la rupture de son contrat de travail. Mais la Cour de cassation vient de rappeler que lorsqu’un salariĂ© Ă©tait dĂ©clarĂ© inapte Ă  son poste de travail Ă  la suite d’un arrĂȘt maladie, faisant suite au harcĂšlement moral dont il est victime, et qu’il Ă©tait licenciĂ© aprĂšs que son reclassement ait Ă©tĂ© impossible, la rupture du contrat de travail est imputable Ă  l’employeur et donne au salariĂ© droit Ă  rĂ©paration.