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HarcÚlement (moral ou sexuel), quel délai pour agir ?

Le harcĂšlement, qu’il soit moral ou sexuel, est une situation qui laisse souvent le ou la salariĂ©(e) qui le subit dĂ©vastĂ©(e) et qui nĂ©cessite que le temps remplisse son Ɠuvre avant qu’il ou elle parvienne Ă  s’en remettre. Or, l’action en rĂ©paration que la victime de tels agissements souhaitera engager, lorsqu’elle sera en capacitĂ© psychologique de le faire, est soumise au temps judiciaire qui fixe des limites prĂ©cises au-delĂ  desquelles il n’est plus possible d’agir. Une telle action est en effet soumise Ă  des dĂ©lais de prescription.

Manquements de l’employeur empĂȘchant la poursuite du contrat de travail

La Chambre sociale de la Cour de cassation considĂšre en effet que lorsque les manquements qu’il commet sont d’une gravitĂ© suffisante pour empĂȘcher la poursuite du contrat de travail, le salariĂ© est fondĂ© Ă  en tirer les consĂ©quences en poursuivant la rupture du contrat de travail Ă  ses torts. L’initiative du salariĂ© prend soit la forme d’une prise d’acte, qui produit un effet immĂ©diat, soit celle d’une rĂ©siliation judiciaire du contrat de travail, qu’il demande Ă  la juridiction prud’homale de prononcer. Un examen rapide de la jurisprudence permet de dresser un aperçu non exhaustif de manquements de l’employeur ayant justifiĂ© la rupture du contrat de travail Ă  ses torts.

Refus de l’employeur de conclure une rupture conventionnelle, que faire ?

La rupture conventionnelle, surtout si elle est ardemment souhaitĂ©e par le salariĂ©, lui impose d’adopter un comportement irrĂ©prochable pendant toute la durĂ©e des pourparlers ainsi que celle de la procĂ©dure, et d’ĂȘtre particuliĂšrement vigilant pendant les 15 jours calendaires qui suivent la signature de la convention, au cours desquels l’employeur peut user de son droit de rĂ©tractation. Lorsque c’est le cas, et que l’employeur informe le salariĂ© qu’il renonce Ă  la rupture conventionnelle, Ă©tant prĂ©cisĂ© qu’il n’a pas Ă  en justifier, une lourde pĂ©riode d’incertitude s’ouvre.

Le non-respect d’un code de dĂ©ontologie peut justifier un licenciement

Les Ă©tablissements financiers prĂ©sentent cette particularitĂ© d’ĂȘtre soumis Ă  des rĂšgles spĂ©cifiques qui s’imposent Ă  leurs salariĂ©s, destinĂ©es entre autres Ă  Ă©viter les conflits d’intĂ©rĂȘts. Cette prĂ©caution, plutĂŽt saine, vise notamment Ă  s’assurer que ces Ă©tablissements et leurs salariĂ©s ne favoriseront pas leur intĂ©rĂȘt personnel au dĂ©triment de celui de leurs clients. A ce titre, l’article L 533-10 du Code monĂ©taire et financier prĂ©voit que les sociĂ©tĂ©s de gestion de portefeuille et les prestataires de services d’investissement mettent en place des rĂšgles et procĂ©dures prĂ©cisant les conditions et limites dans lesquelles leurs salariĂ©s peuvent effectuer pour leur propre compte des transactions personnelles, ces conditions et limites Ă©tant reprises dans le rĂšglement intĂ©rieur de l’entreprise.

Quelques précisions à propos de la clause de non-concurrence

Rappelons que la clause de non-concurrence ne peut constituer une entrave Ă  la libertĂ© fondamentale d’exercer une activitĂ© professionnelle, et que ses conditions de validitĂ© ont Ă©tĂ© posĂ©es par la Chambre sociale de la Cour de cassation depuis prĂšs de vingt ans : une clause de non-concurrence n’est licite que si elle est (1) indispensable Ă  la protection des intĂ©rĂȘts lĂ©gitimes de l’entreprise, (2) limitĂ©e dans le temps et dans l’espace, (3) qu’elle tient compte des spĂ©cificitĂ©s de l’emploi du salariĂ© et (4) comporte l’obligation pour l’employeur de verser au salariĂ© une contrepartie financiĂšre, ces conditions Ă©tant cumulatives (Cass. Soc. 10 juil. 2002 n° 00-45135). Elle est exigible Ă  compter de la date de dĂ©part effectif du salariĂ© de l’entreprise.